Etats Unis–Africa Frontiers : Le Sénégal s’impose comme hub de la coopération scientifique avec l’Afrique

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US–Africa Frontiers : Le Sénégal s’impose comme hub de la coopération scientifique Afrique/États-Unis

Longtemps considéré comme le berceau de l’humanité, le continent africain est aujourd’hui appelé à devenir l’un des moteurs mondiaux de la science, de la technologie et de l’innovation. Riche en capital humain, en énergies renouvelables et en ressources minières stratégiques, l’Afrique dispose d’atouts considérables encore largement sous-exploités. Face aux défis persistants que sont l’insécurité alimentaire, le changement climatique, la pauvreté ainsi que l’accès limité à l’éducation et à la santé, la science et l’innovation apparaissent comme des leviers essentiels de transformation.

US-Africa Frontiers, catalyseur de partenariats scientifiques

C’est dans ce contexte que les Académies nationales des sciences, de l’ingénierie et de la médecine des États-Unis ont lancé, en 2022, le programme US-Africa Frontiers of Science, Engineering, and Medicine.

L’initiative vise à renforcer le dialogue scientifique entre jeunes chercheurs africains et américains, à encourager les collaborations interdisciplinaires et à préparer une nouvelle génération de leaders scientifiques.

Le Sénégal, hub de la diplomatie scientifique

Après Nairobi en 2022 et Rabat en 2024, le Sénégal accueille à son tour ce symposium stratégique. Au cœur des échanges : l’intelligence artificielle, la sécurité alimentaire, la bioinformatique, les minéraux critiques et la santé maternelle.

Pour le Dr Moctar Touré, président de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal, l’engagement de l’Académie dans l’organisation de cet événement s’inscrit pleinement dans sa mission.

« Ce symposium met en binôme de jeunes chercheurs africains et américains sur des thématiques d’avant-garde qui façonneront le monde de demain. Il était essentiel que l’Afrique soit présente dans la réflexion, la construction et l’utilisation de ces technologies », a-t-il souligné, insistant sur le rôle central de la diplomatie scientifique et du partenariat international.

Une convergence avec l’Agenda national de transformation 2050

Du côté des autorités, le professeur Amidou Datte, directeur général de la recherche et de l’innovation au ministère de l’Enseignement supérieur, salue un événement « venu à son heure ». Selon lui, le symposium s’inscrit en parfaite cohérence avec la vision portée par les nouvelles autorités à travers l’Agenda national de transformation 2050 qui place la recherche et l’innovation au cœur du développement national.

Il estime par ailleurs que cette rencontre marque un tournant, avec des projets construits conjointement par des chercheurs africains et américains, intégrant transfert de technologies et renforcement des compétences.

Une coopération fondée sur la co-construction

Pour Dalal Najib, directrice de la coopération internationale aux Académies nationales américaines, le programme Frontiers repose sur une conviction forte : l’excellence scientifique n’a pas de frontières.

« Nous sommes en Afrique pour contribuer, mais aussi pour apprendre. Il y a ici des talents, des ressources humaines et des problématiques scientifiques d’intérêt mondial », affirme-t-elle.

Les ateliers collaboratifs permettront ainsi aux chercheurs africains et américains de co-construire des projets à long terme, intégrant transfert de technologies, renforcement institutionnel et développement de compétences. Un signal fort qui positionne le Sénégal comme un acteur clé de la nouvelle coopération scientifique internationale.