Les données économiques les plus récentes confirment la place du Sénégal parmi les partenaires stratégiques majeurs du Maroc en Afrique subsaharienne. Portée par une coopération économique soutenue et des investissements croisés en constante progression, la relation bilatérale affiche une trajectoire résolument ascendante.
Une croissance soutenue des échanges commerciaux
Sur une période de quatorze ans, les échanges commerciaux entre le Maroc et le Sénégal ont connu une expansion remarquable. Leur volume est passé de 98,5 millions de dollars en 2010 à près de 370 millions de dollars en 2024, soit une multiplication par près de quatre. Cette performance traduit la solidité du partenariat économique entre les deux pays, fondé sur une vision commune de coopération Sud–Sud durable.
Une structure d’échanges complémentaire
Les flux commerciaux reposent sur une complémentarité sectorielle marquée.
Les exportations marocaines vers le Sénégal sont dominées par les produits manufacturés, les engrais — notamment via le groupe OCP —, les produits alimentaires ainsi que les matériaux de construction.
En sens inverse, le Maroc importe principalement des produits halieutiques, ainsi que certains produits agricoles sénégalais, répondant à des besoins spécifiques de son marché intérieur.
Des investissements marocains structurants au Sénégal
Le Maroc figure aujourd’hui parmi les premiers investisseurs africains au Sénégal. Sa présence est particulièrement visible dans les secteurs bancaire et financier, avec des acteurs majeurs tels qu’Attijariwafa Bank, la BCP et BMCE Bank of Africa. Les investissements s’étendent également aux assurances, au BTP et aux télécommunications, contribuant activement à la structuration et à la modernisation de l’économie sénégalaise.
Perspectives à l’horizon 2026 : cap sur le B2B
Dans une optique de consolidation de cette dynamique, une nouvelle feuille de route bilatérale a été définie afin de stimuler les partenariats Business-to-Business (B2B). À ce titre, l’organisation des Journées économiques Maroc–Sénégal à Dakar en 2026 a été annoncée, avec pour ambition de renforcer les synergies entre les acteurs privés des deux pays.
La 15ᵉ Commission mixte Maroc–Sénégal : un tournant stratégique
Tenue à Rabat les 26 et 27 janvier 2026, la 15ᵉ session de la Commission mixte maroco-sénégalaise s’est inscrite dans une volonté affirmée de dépasser les tensions conjoncturelles, notamment sportives, pour recentrer la relation bilatérale sur un agenda de développement partagé.
La rencontre a abouti à la signature de 15 à 17 accords de coopération, couvrant plusieurs secteurs stratégiques :
- Industrie et commerce : coopération en matière d’infrastructures industrielles, de normalisation et de soutien aux PME, qui représentent près de 97 % du tissu économique sénégalais.
- Agriculture et souveraineté alimentaire : trois accords dédiés à la santé animale, à la sécurité sanitaire des aliments et au contrôle des produits de la pêche.
- Énergie et mines : le Sénégal entend bénéficier de l’expertise marocaine, notamment celle de l’OCP, dans la valorisation des phosphates, à un moment charnière marqué par l’entrée du pays dans l’ère du gaz et du pétrole.
- Infrastructures : accords relatifs au développement portuaire et au renforcement de la sécurité routière.
Une coopération à forte dimension diplomatique et humaine
Au-delà des aspects économiques, la commission mixte a mis en avant la dimension humaine et diplomatique des relations bilatérales. À la suite de la CAN, Ousmane Sonko et Aziz Akhannouch ont souligné la nécessité de préserver la fraternité historique entre les deux peuples, rappelant que les émotions sportives ne sauraient altérer des relations séculaires.
Par ailleurs, les accords relatifs à l’enseignement supérieur et à la mobilité académique ont été renforcés. Le Maroc demeure en effet la première destination des étudiants sénégalais à l’étranger, illustrant la profondeur des liens humains entre les deux pays.


