Le Sénégal a réaffirmé son engagement en faveur d’une gestion transparente, responsable et équitable de ses ressources naturelles, à l’occasion de la Conférence mondiale de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), organisée à Bruxelles les 8 et 9 octobre 2026.
Placée sous le thème « La transparence pour une prospérité partagée », la rencontre réunit des représentants des gouvernements, des entreprises, de la société civile, des investisseurs et des partenaires au développement venus de plus de 50 pays. La conférence est coorganisée par le gouvernement belge et la Commission européenne.
Intervenant lors de la session consacrée à la confiance en période d’incertitude, le ministre sénégalais de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, a présenté les grandes orientations qui guident l’action du Sénégal dans la gouvernance de ses ressources naturelles. Il figurait parmi les intervenants de haut niveau de cette session, aux côtés notamment du secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, et de responsables du secteur extractif et de la gouvernance des ressources naturelles.
Trois priorités pour les ressources naturelles

Selon le ministre, la stratégie du Sénégal repose sur trois priorités majeures. La première consiste à faire des ressources naturelles un véritable moteur de croissance et de compétitivité. Cette ambition passe notamment par la valorisation du gaz et le développement de chaînes de valeur capables de générer davantage de richesses et d’emplois au Sénégal. La deuxième priorité porte sur le renforcement du contenu local. Le gouvernement entend donner davantage de place aux entreprises sénégalaises ainsi qu’aux compétences et aux talents nationaux afin que l’exploitation des ressources naturelles bénéficie davantage à l’économie locale.
Enfin, la troisième priorité vise à garantir une gestion prudente, transparente et équitable des revenus issus des ressources naturelles. Cette orientation place la transparence et la redevabilité au cœur de la gouvernance du secteur extractif.
Le Sénégal affiche ses progrès dans la transparence
À Bruxelles, le ministre a également souligné le rôle de l’ITIE comme espace de transparence, de dialogue et de redevabilité. Cette participation intervient dans un contexte où le Sénégal met en avant les progrès réalisés dans la gouvernance de son secteur extractif. En mars 2026, le pays a obtenu 89 points sur 100, soit une appréciation « Très bon », lors de sa troisième Validation ITIE conformément à la Norme ITIE 2023.
Les données publiées par l’ITIE Sénégal indiquent par ailleurs que les revenus provenant du secteur extractif ont atteint 455,99 milliards de francs CFA en 2024, dans un contexte marqué par la dynamique du secteur minier et le démarrage de la production pétrolière.
La transparence au cœur des enjeux mondiaux
La présence du Sénégal à cette conférence intervient alors que la gouvernance des ressources naturelles est confrontée à de nouveaux défis : tensions géopolitiques, incertitudes économiques, transformation des marchés de l’énergie et des minerais, mais aussi montée en puissance des technologies et circulation rapide de la désinformation.
Pour l’ITIE, la transparence doit désormais aller au-delà de la simple publication des données. Elle doit permettre d’éclairer les décisions publiques, de renforcer le dialogue entre les différentes parties prenantes, de favoriser les investissements responsables et de garantir que les revenus tirés des ressources naturelles contribuent durablement au développement des populations.
A Bruxelles, le message porté par le Sénégal est ainsi articulé autour d’un même objectif : transformer la richesse issue des ressources naturelles en un levier de croissance, d’emploi et de développement, tout en renforçant la transparence et la redevabilité dans leur gestion. La Conférence mondiale de l’ITIE constitue, à cet égard, une plateforme majeure de dialogue entre États, entreprises, société civile et partenaires internationaux sur l’avenir de la gouvernance des ressources extractives.