Le Sénégal et l’Italie entendent donner une nouvelle impulsion à leur coopération dans les domaines de la microfinance, de l’entrepreneuriat et de l’économie sociale et solidaire (ESS). Cette ambition a été au centre d’une rencontre entre le ministre sénégalais de la Microfinance, de l’Économie sociale et solidaire, Dr Alioune Badara Dione, et le nouvel ambassadeur d’Italie au Sénégal, S.E.M. Michele Tommasi, accompagné de représentants de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).
Consolider les acquis de la coopération bilatérale
Au cours de cette rencontre, tenue à Diamniadio le 2 octobre 2026, la délégation italienne, composée notamment de Giovanni Grandi, directeur du bureau de l’AICS à Dakar, et de Francesco Mele, responsable de l’emploi, a salué la qualité des relations entre les deux pays, mettant en avant la fluidité des échanges et la transparence de la coopération. Les discussions ont porté sur plusieurs axes prioritaires, notamment le renforcement des incubateurs d’entreprises, le développement des services d’accompagnement non financiers et la promotion de l’économie sociale et solidaire comme levier de développement durable et de réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).
Une attention particulière a été accordée à deux dispositifs de coopération : la Plateforme d’appui au secteur privé et à la valorisation de la diaspora sénégalaise en Italie (PLASEPRI) et le Programme d’appui aux acteurs de l’économie sociale et solidaire (PROGRESS). Ces initiatives constituent des instruments importants pour faciliter l’accès au financement, accompagner les entrepreneurs et renforcer les capacités des acteurs économiques sénégalais.
La PLASEPRI, un modèle à pérenniser
Prenant la parole, le Dr Alioune Badara Dione a félicité le nouvel ambassadeur d’Italie pour sa prise de fonction, tout en rappelant la dimension historique et humaine des relations entre Dakar et Rome. Le ministre a également souligné le rôle de la diaspora sénégalaise établie en Italie, qui compte plus de 120 000 ressortissants selon les chiffres avancés lors de la rencontre. Il a présenté cette communauté comme un acteur majeur de l’économie sociale et solidaire et un vecteur de rapprochement entre les deux pays.
Le bilan de la coopération sectorielle a été décrit par le ministre comme « solide, pragmatique et humain ». À cet égard, les deux phases de la PLASEPRI ont été citées comme une illustration concrète des résultats obtenus, notamment en matière d’accès aux financements et de soutien aux initiatives entrepreneuriales. Pour les autorités sénégalaises, l’enjeu consiste désormais à consolider ces acquis, à élargir les possibilités d’accompagnement des porteurs de projets et à mieux articuler les mécanismes de financement avec les besoins réels des entreprises et des organisations de l’économie sociale et solidaire.
Sénégal 2050 et Plan Mattei : des perspectives communes
Au-delà de la consolidation des programmes existants, le Dr Dione a plaidé pour un partenariat stratégique davantage aligné sur les priorités de développement du Sénégal, définies dans le référentiel Sénégal 2050, et sur les orientations du Plan Mattei pour l’Afrique, porté par le gouvernement italien. Cette convergence pourrait ouvrir de nouvelles perspectives en matière d’investissement productif, de création d’emplois, d’innovation entrepreneuriale et de développement territorial.
Dans cette optique, le ministre a proposé trois orientations prioritaires à concrétiser à l’horizon 2027.
La première consiste à pérenniser la PLASEPRI et à renforcer le programme PROGRESS, afin de consolider les mécanismes d’appui financier et non financier destinés aux entrepreneurs et aux acteurs de l’ESS. La deuxième vise à soutenir les incubateurs relevant du ministère de la Microfinance, de l’Économie sociale et solidaire. L’objectif est de renforcer l’accompagnement des porteurs de projets, de favoriser l’émergence d’entreprises viables et de faciliter leur accès aux opportunités de financement et aux marchés. La troisième perspective concerne l’établissement d’un partenariat avec la Fondation E4Impact. Il s’agirait notamment de valoriser les acquis de CAPER SAS et de la Social Business Academy de Saint-Louis, en s’inspirant d’expériences de coopération mises en œuvre par l’AICS au Kenya.
L’entrepreneuriat social comme moteur de développement
À travers ces propositions, les autorités sénégalaises souhaitent inscrire la coopération avec l’Italie dans une logique de résultats durables, en accordant une place centrale à l’humain, à l’emploi et à l’autonomisation économique. Le développement de l’économie sociale et solidaire apparaît ainsi comme un levier pour soutenir les initiatives locales, encourager l’innovation, renforcer les capacités des organisations et favoriser une croissance plus inclusive.
La rencontre de Diamniadio traduit la volonté des deux partenaires de poursuivre le dialogue et d’explorer de nouvelles pistes de collaboration. La concrétisation des orientations proposées pour 2027 dépendra notamment de leur traduction en programmes opérationnels, de la mobilisation des ressources nécessaires et de la définition d’objectifs partagés. Le Sénégal et l’Italie entendent ainsi faire de la microfinance et de l’économie sociale et solidaire des piliers d’une coopération renouvelée, fondée sur la complémentarité des expertises, la création d’opportunités économiques et un partenariat mutuellement bénéfique.