G7 : William Ruto porte les ambitions financières de l’Afrique sur la scène mondiale

Le président kényan William Ruto représentera l’Afrique au sommet du G7 qui s’ouvre ce lundi à Évian, en France. Sa participation s’inscrit dans le prolongement du sommet « Africa Forward », tenu à Nairobi les 11 et 12 mai derniers, où les dirigeants africains ont appelé les grandes puissances économiques à prendre davantage en compte les effets des déséquilibres financiers mondiaux sur les économies du continent.

À Nairobi, les chefs d’État africains et français ont marqué une étape importante en apportant leur soutien à la Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement (NAFAD). Cette initiative vise à mobiliser davantage de ressources pour le financement du développement africain grâce à un mécanisme de garantie panafricain destiné à stimuler les investissements, réduire le coût du capital et favoriser la création d’emplois.

L’ATIDI (African Trade & Investment Development Insurance), institution panafricaine spécialisée dans l’assurance des investissements et des crédits, basée à Nairobi, a été désignée comme l’organisme chargé de mettre en œuvre cette nouvelle architecture financière. Cet instrument, soutenu par la Banque africaine de développement (BAD), ambitionne de contribuer à la réduction du déficit annuel de financement du développement en Afrique, estimé à près de 400 milliards de dollars.

Placée sous le thème « Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance », la rencontre de Nairobi, initiée conjointement par les gouvernements kényan et français, a réuni quelque 35 chefs d’État et de gouvernement, parmi lesquels le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye.

Les travaux ont débouché sur l’adoption de la « Déclaration de Nairobi », dans laquelle les dirigeants africains appellent à la construction d’un nouvel agenda économique fondé sur l’autonomie financière, l’innovation technologique et l’industrialisation verte.

Plusieurs recommandations issues de ce sommet devraient alimenter les discussions du G7, organisé par la France du 15 au 17 juin à Évian. À cette occasion, le président de la BAD, Sidi Ould Tah, a rappelé que le principal défi du continent ne réside pas dans le manque de capitaux, mais dans l’absence de mécanismes capables de réduire les risques et d’attirer les investissements de long terme.

Hôte du sommet « Africa Forward », William Ruto a plaidé pour une recapitalisation de l’ATIDI, qu’il considère comme un levier essentiel pour accélérer le financement du développement africain. Le dirigeant kényan a également insisté sur la nécessité pour l’Afrique de mobiliser davantage ses propres ressources afin de financer ses projets stratégiques.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé son soutien à cette démarche dans le cadre des réformes en cours de l’architecture financière internationale.

Lancée en avril 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, la NAFAD ambitionne de mobiliser une partie de l’épargne africaine estimée à près de 4 000 milliards de dollars afin de réduire la dépendance du continent aux financements extérieurs et de renforcer sa souveraineté économique.

Pendant trois jours, les dirigeants des principales puissances économiques mondiales – Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni – se réuniront sur les rives du lac Léman pour débattre des grands enjeux économiques et géopolitiques du moment.

Outre les membres du G7, la présidence française a invité plusieurs responsables d’organisations internationales ainsi que les dirigeants du Brésil, de la Corée du Sud, de l’Inde, du Kenya et de l’Égypte, afin d’élargir les échanges sur les défis mondiaux et les perspectives de coopération internationale.