Le Sénégal accueille la Biennale de la danse en Afrique : un rendez-vous majeur entre création, ambitions et défis

Le Sénégal s’apprête à devenir, dès le 29 avril, l’épicentre de la création chorégraphique africaine en accueillant la Biennale de la danse en Afrique. Cet événement itinérant d’envergure se tiendra jusqu’au 3 mai à l’École des Sables de Toubab Dialaw, située à une cinquantaine de kilomètres au sud de Dakar.

Placée sous l’impulsion de la chorégraphe Germaine Acogny, figure emblématique de la danse contemporaine africaine et fondatrice de l’École des Sables, cette initiative vise à structurer le secteur et à valoriser les talents du continent ainsi que ceux de la diaspora.

Le lancement de la Biennale coïncide avec la Journée mondiale de la danse, offrant une vitrine idéale aux expressions chorégraphiques africaines contemporaines. Pour Germaine Acogny, l’enjeu dépasse largement le cadre artistique : « ce n’est pas l’École des Sables qui reçoit, c’est le Sénégal qui reçoit », insiste-t-elle, soulignant l’implication des autorités culturelles du pays.

Une première pour le Sénégal, cette Biennale envoie un signal fort à la scène internationale et met en lumière la capacité du pays à accueillir des événements culturels majeurs. Elle réunira 25 compagnies sélectionnées parmi 340 candidatures, dont 15 venues d’Afrique et de la diaspora, ainsi que 10 troupes sénégalaises.

Au programme : 25 spectacles, mais aussi des rencontres professionnelles avec près de 200 programmateurs internationaux. L’objectif est clair : favoriser la circulation des œuvres et offrir aux artistes africains des opportunités de diffusion, notamment en Europe.

Au-delà de la scène, la Biennale ambitionne également de contribuer au développement local en encourageant les artistes à s’ancrer dans leur environnement d’origine. Pour ses organisateurs, dont Gacirah Diagne et Ardo Ka, il s’agit d’un véritable levier économique et culturel pour le continent.

Cependant, malgré cet élan, l’organisation fait face à d’importants défis financiers. À quelques semaines de l’événement, près de 80 millions de francs CFA manquent encore pour finaliser le budget. Une situation qui illustre les difficultés persistantes du financement culturel en Afrique.

Malgré ces contraintes, les organisateurs restent déterminés à maintenir un haut niveau d’exigence artistique. Germaine Acogny appelle d’ailleurs à une meilleure reconnaissance de la culture comme moteur économique, rappelant que l’art génère aussi de la richesse et contribue à l’image des pays.

Initiée en 1997 par Institut français, la Biennale de la danse en Afrique célèbre cette année ses 30 ans d’existence. Après une édition à Maputo en 2023, elle pose ses valises au Sénégal avec l’ambition de marquer durablement le paysage culturel africain.