Me Alioune Badara Cissé au Congrès de la Fédération des Sénégalais de la Diaspora (FSD) à Nantes : « les efforts pour soulager les familles restées au pays sont bien appréciés » (VIDEO)

Infatigable, l’ancien ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Maître Alioune Badara Cissé, Médiateur de la République, manque rarement à l’appel des compatriotes où qu’ils puissent être. Récemment, il a vaillamment tenu à accompagner l’initiative de la Fédération internationale des Sénégalais de la Diaspora (FSD) qui a organisé, les 28, 29 et 30 juin derniers, un second Congrès à Nantes après celui de Washington aux Etats Unis en 2013. An croire, le Médiateur de la République, les sénégalais de la diaspora ont besoin d’être écoutés et accompagnés dans leurs entreprises de tous les jours ; ceux-là mêmes dont « les efforts pour soulager les familles restées au pays sont bien appréciés y compris leurs efforts à participer à l’équilibre de la balance des transferts » a souligné, Me Alioune Badara Cissé.

Vous avez tenu à assister à ce Congrès malgré un calendrier chargé, qu’est ce qui motive cette présence ?
Alioune Badara Cissé : Je tiens au-delà des rapports personnels que j’entretiens avec les organisateurs, ce congrès est extrêmement important. Que ce soit Modibo Soumaré avec qui j’ai partagé un séjour de plusieurs années aux Etats Unis, que ce soit Pape Sarr qui me reçoit à Nantes, c’est l’occasion d’ailleurs de les féliciter. Il y a Momar Dieng Diop qui est mon inséparable, jeune frère et ami, Mady Cissé Ba ou vous-même M. Thiam, je ne peux pas ne pas répondre à l’appel de ceux avec qui j’ai partagé beaucoup de difficultés. J’ai également partagé avec eux beaucoup de joie et d’espérance. Lorsque les plus vaillants d’entre nous, à un très jeune âge, décident de se déporter vers l’étranger, c’est pour améliorer leur situation et leur formation. Alors, la plupart des circuits ne sont pas tous ceux-là escomptés et il est important de revenir vers eux solliciter leur point de vue sur la situation du pays et en général voir comment ils entrevoient les solutions qui se posent à eux. Parce que nous ne sommes pas porteurs de solutions tout le temps, il faut qu’on écoute les sénégalais de la diaspora parce qu’eux connaissent déjà les difficultés et peuvent proposer des solutions. Si nous ne venons pas vers eux, si nous restons très éloignés, cette conception du président de la République d’avoir la diaspora comme 15 e région restera vaine. Cette résolution de l’Union Africaine qui a eu lieu au mois de janvier 2018 à Johannesburg définissant la diaspora comme le 6 e continent que nous n’avons voté que par l’entremise au Sénégal, nous nous sommes battus pour que cette résolution puisse passer. Donc, il était important de rencontrer nos frères et nos sœurs venus d’Afrique centrale, d’Afrique de l’ouest, d’Europe, des Etats Unis autour du banquet de la concrétisation de ce que nous avons en commun.
Le message aux diasporas sénégalaises
Alioune Badara Cissé : Le message est de dire aux sénégalais où qu’ils soient dans le monde, qu’ils soient des patriotes à part entière, qu’il n’y aura jamais des sénégalais à part entière et des sénégalais entièrement à part. Ils font partie intégrante du peuple sénégalais, de l’homosenegalensis, leurs efforts pour soulager les familles restées au pays sont bien appréciés, leurs efforts de participer à l’équilibre de la balance des transferts sont également appréciés, leurs efforts de voir le paysage économique du Sénégal changer, leurs transferts beaucoup plus importants que l’aide publique au développement sont reconnus et encouragés. Je pense qu’il faut aider les sénégalais de la diaspora à mieux comprendre les positions dans lesquelles ils restent dans les pays d’accueil et voir avec ceux-là même qui veulent rentrer comment négocier avec les pays d’accueil dans leurs administrations respectives et ensuite signer des conventions pour que les allocations soient payées, que les primes de retraite puissent être reversées, s’ils décidaient de rentrer au Sénégal.

Jamil Thiam, Nantes