En visite officielle au Royaume du Maroc à l’occasion de la 15ᵉ session de la Commission mixte sénégalo-marocaine, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a livré un discours empreint de gravité et de lucidité, dans un contexte marqué par les débats encore vifs autour de la finale de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations.
Face aux tensions émotionnelles suscitées par les récents événements sportifs, le chef du gouvernement sénégalais a tenu à dissiper toute ambiguïté sur la nature de son déplacement. « Ce voyage n’est pas un voyage d’apaisement », a-t-il affirmé, le qualifiant plutôt de « voyage de confirmation, de dépassement et de refondation du lien à la hauteur de deux nations qui se respectent, se reconnaissent et se projettent ensemble ».
Le sport, un test et non une fracture
Revenant sur les incidents survenus lors des compétitions sportives récentes, Ousmane Sonko a adopté un ton à la fois mesuré et ferme. Selon lui, « le sport n’a pas divisé deux peuples. Il a éprouvé leurs liens. Il n’a pas opposé le Sénégal et le Maroc. Il a mis à l’épreuve l’intensité de deux passions nationales dans un espace commun ».
Le Premier ministre a estimé que les dérapages observés ne doivent « ni être niés ni dramatisés », mais compris comme des excès émotionnels liés à la ferveur sportive, et non comme des signes de fractures politiques, culturelles ou diplomatiques. Il a rappelé que le sport, aussi passionnant soit-il, demeure trop éphémère pour résumer la profondeur des relations entre deux peuples et deux États.
Des relations enracinées dans l’histoire
Ousmane Sonko a longuement insisté sur la solidité des liens historiques entre le Sénégal et le Maroc, évoquant « l’ancienneté des relations humaines, spirituelles, économiques et culturelles », ainsi que la circulation séculaire des personnes, des savoirs, des confréries religieuses, des étudiants et des entrepreneurs.
Il a également mis en avant la continuité de la confiance politique entre les deux pays, construite au fil du temps, indépendamment des alternances et des conjonctures. Un lien durable entre États et peuples, capable de résister aux événements ponctuels parce qu’il est profondément enraciné dans une histoire partagée.
Une visite à forte portée symbolique et stratégique
Pour le Premier ministre, la portée historique de cette visite réside dans la capacité des deux États frères à ne pas laisser l’émotion dicter le sens des relations bilatérales. « Deux peuples frères peuvent traverser l’intensité sans se diviser », a-t-il soutenu, rappelant que l’amitié sénégalo-marocaine demeure plus forte que les émotions passagères.
Traçant les perspectives de la coopération future, Ousmane Sonko a appelé à des travaux capables de « sceller un avenir commun », affirmant que cet avenir devra être « plus dense, plus structuré et plus ambitieux ».
La 15ᵉ session de la Commission mixte sénégalo-marocaine s’annonce ainsi comme une étape clé pour le renforcement des partenariats économiques, culturels et politiques entre Dakar et Rabat, dans un esprit de fraternité, de respect mutuel et de projection commune vers l’avenir.



