L’Organisation des Nations unies franchit une étape majeure dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle. Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a annoncé ce mercredi la mise en place du tout premier Panel scientifique international indépendant sur l’IA. Parmi les 40 experts de renommée mondiale sélectionnés figure la chercheuse sénégalaise Dr Adji Bousso Dieng, saluée pour l’excellence de ses travaux.
Dr Dieng rejoint un cercle restreint de personnalités scientifiques et intellectuelles de premier plan, aux côtés notamment de Yoshua Bengio, lauréat du prix Turing, et de Maria Ressa, prix Nobel de la Paix. Inspiré du modèle du GIEC pour le climat, ce panel ambitionne de devenir la référence scientifique mondiale en matière d’intelligence artificielle.
Présentant cette initiative lors d’une conférence de presse, Antonio Guterres a souligné qu’elle s’inscrit dans la mise en œuvre du « Pacte pour l’Avenir », récemment adopté par les États membres. Le panel aura pour mission de réduire les lacunes en matière de connaissances et d’évaluer de manière rigoureuse les impacts économiques, sociaux et sociétaux de l’IA.
« L’intelligence artificielle évolue à une vitesse fulgurante. Aucun pays ne peut, à lui seul, en saisir toutes les dimensions. Une compréhension partagée est indispensable pour mettre en place des garde-fous efficaces », a insisté le Secrétaire général.
Une sélection mondiale particulièrement exigeante
La désignation de la Dr Adji Bousso Dieng est l’aboutissement d’un processus de sélection hautement compétitif. Plus de 2 600 candidatures ont été enregistrées à l’échelle mondiale. Les experts retenus couvrent un large éventail de compétences, allant de l’apprentissage automatique à la gouvernance des données, en passant par la cybersécurité et les droits humains.
À noter que les membres du panel exerceront leurs fonctions à titre individuel, en toute indépendance vis-à-vis des États, des entreprises et des institutions, afin de garantir l’objectivité et la crédibilité de leurs travaux.
Un premier rapport attendu en juillet 2026
Doté d’un mandat de trois ans, le panel a déjà entamé ses travaux. Son premier rapport est attendu à l’occasion du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, prévu en juillet 2026.
À travers cette initiative, l’ONU entend reprendre l’initiative face à une technologie en pleine mutation. Comme l’a résumé Antonio Guterres :
« La véritable question est de savoir si nous façonnerons ensemble cette transformation, ou si nous la laisserons nous façonner. »