Paris – Mis en cause par huit femmes pour des faits de viols présumés, l’ancien patron du service africain de transfert d’argent Wari, Kabirou Mbodje, demeure en détention provisoire. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a examiné, mardi, sa demande de remise en liberté, sans y donner une suite favorable.
Âgé de 61 ans, ce millionnaire sénégalais, autrefois figure emblématique du secteur du transfert d’argent en Afrique, est soupçonné de viols qui auraient été commis entre 2017 et 2022. Les plaignantes, employées dans la restauration ou escortes, affirment avoir été victimes d’agressions sexuelles. Des accusations que l’intéressé conteste fermement, dénonçant un complot destiné à lui soutirer de l’argent.
Kabirou Mbodje avait été mis en examen le 13 octobre 2022 pour viols et placé sous contrôle judiciaire. Toutefois, cette mesure a été révoquée par la justice, notamment en raison de soupçons de pressions exercées par son entourage sur certains témoins, entraînant son incarcération il y a près d’un an.
Lors de l’audience, l’avocat général a mis en avant plusieurs éléments justifiant, selon le parquet, le maintien en détention. « Le problème, c’est que cet homme ne respecte pas les décisions de justice », a-t-il souligné, évoquant également des risques de fuite, en raison de ses liens à l’étranger, notamment au Sénégal et en Suisse. Le magistrat a aussi fait état de soupçons selon lesquels l’accusé aurait, grâce à sa fortune, proposé de l’argent à certaines plaignantes afin qu’elles retirent leur plainte.
La défense, de son côté, continue de clamer l’innocence de Kabirou Mbodje et affirme que les accusations portées contre lui reposent sur des motivations financières.
L’enquête se poursuit, dans un dossier sensible où s’opposent la parole de plusieurs plaignantes et la ligne de défense d’un homme d’affaires autrefois influent, aujourd’hui confronté à de lourdes accusations pénales.