Le Sénégal demeure un point névralgique des départs clandestins vers l’Europe. C’est ce qui ressort du rapport d’activité 2025 de la Gendarmerie nationale du Sénégal, présenté à la presse ce jeudi 12 février 2026.
Selon les chiffres officiels, plus de 1 928 tentatives de départ vers l’Espagne, à bord de 15 embarcations, ont été recensées au cours de l’année écoulée. Ces données illustrent l’ampleur du trafic orchestré par des réseaux structurés de passeurs opérant le long du littoral sénégalais.
Une riposte sécuritaire coordonnée
Face à la recrudescence du phénomène, la Gendarmerie nationale a mis en œuvre une stratégie articulée autour de la prévention, du contrôle et de l’assistance aux migrants. Les opérations ont été particulièrement intensifiées dans les zones jugées à risque, notamment à Joal-Fadiouth, Mbour, Kayar, Yenne et dans les Îles du Saloum.
Ces interventions ont été menées avec l’appui de l’armée et de la police nationale dans le cadre de l’opération Opération Djoko.
44 départs déjoués, 72 passeurs arrêtés
Le bilan opérationnel fait état de 44 tentatives de départ déjouées, de 2 757 migrants interpellés, dont 1 503 étrangers, ainsi que de 72 convoyeurs arrêtés. Les forces de sécurité ont également procédé à la saisie de 23 pirogues destinées à la traversée.
Le Colonel Abdoulaye Camara, chef du centre de renseignement et des opérations de la Gendarmerie nationale, a souligné que ces résultats traduisent « une montée en puissance du renseignement territorial et une meilleure coordination des unités sur le terrain ».
Une évolution des profils migratoires
L’analyse comparative avec l’année 2024 révèle une diversification des nationalités parmi les migrants interceptés. Outre les Sénégalais, de plus en plus de ressortissants en provenance de Gambie, de Guinée et du Mali empruntent désormais les côtes sénégalaises comme point de départ vers l’Europe.
Si une légère baisse du nombre de Sénégalais interceptés a été constatée, les autorités notent en revanche une forte augmentation des migrants étrangers.
Les régions de Thiès, Fatick et Dakar concentrent la majorité des interceptions, confirmant le rôle stratégique de ces zones dans les flux migratoires et l’efficacité du maillage sécuritaire mis en place.
Un défi persistant
Malgré les efforts déployés, la migration irrégulière reste un défi majeur pour les autorités sénégalaises, confrontées à des réseaux transnationaux de plus en plus organisés et à une pression migratoire persistante.
La Gendarmerie assure poursuivre le renforcement de ses capacités de surveillance maritime et terrestre, tout en appelant à une coopération régionale accrue pour endiguer durablement le phénomène.