Sur le point d’être expulsés de Mauritanie, des migrants ont attaqué et incendié un poste de police à Gogui, à la frontière malienne

D’après une source sécuritaire interrogée par l’AFP, « après avoir été débarqués pour franchir la frontière avec le Mali, les expulsés ont jeté des pierres sur le poste de police avant d’y mettre le feu ».

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, bien que non authentifiées par l’AFP, montrent les forces de l’ordre utilisant des grenades lacrymogènes pour disperser les migrants.

La Mauritanie, pays d’Afrique de l’Ouest en grande partie désertique, est un point de passage privilégié pour de nombreux migrants tentant de rejoindre l’Europe par la mer. Depuis plusieurs jours, les autorités mauritaniennes mènent une campagne massive d’arrestations et d’expulsions de migrants en situation irrégulière, une action largement critiquée par les ONG et sur les réseaux sociaux.

Le porte-parole du gouvernement, Houssein Ould Meddou, a déclaré jeudi que ces expulsions relevaient d’un « travail de routine des services de sécurité » concernant les migrants en situation irrégulière. Il n’a toutefois pas précisé le nombre de personnes concernées ni les conditions de leur expulsion.

Il a ajouté que les migrants étaient refoulés vers les postes-frontières par lesquels ils étaient entrés. « Rien que la semaine dernière, nous avons démantelé quatre réseaux de trafic de migrants impliquant des ressortissants de cinq nationalités », a-t-il précisé, soulignant l’engagement de la Mauritanie dans la lutte contre l’immigration clandestine.

Ces réseaux, selon lui, mettent en péril la vie des migrants en les envoyant sur des embarcations de fortune. « Leur périple se termine souvent en pleine mer, et leurs corps finissent rejetés sur les rivages », a-t-il déploré.

Mardi, Kory Sneïba, activiste de l’association SOS Esclaves, a dénoncé sur les réseaux sociaux les conditions des arrestations. « Ces migrants ne doivent pas être traités de manière inhumaine. Nous exigeons le respect des droits humains », a-t-il déclaré. Il a également insisté sur la nécessité de préserver leur dignité afin d’éviter toute frustration.

Le ministère malien des Maliens établis à l’extérieur a confirmé vendredi l’arrivée de plusieurs de ses ressortissants au poste-frontière de Gogui. « Leur situation est prise en charge par les autorités maliennes et mauritaniennes », précise un communiqué, appelant les migrants au calme.

En signe de protestation, plusieurs associations maliennes ont prévu un rassemblement lundi matin devant l’ambassade de Mauritanie à Bamako.