FMI et diaspora : deux leviers financiers aux rôles complémentaires, selon Alpha Ousmane Alain SY, membre KIIRAAY GUINGUINEO

Comparer les financements accordés par le Fonds monétaire international (FMI) aux transferts d’argent de la diaspora sur la seule base des montants peut conduire à une lecture réductrice, voire erronée, de leur véritable impact sur l’économie.

Selon l’analyse d’Alpha Ousmane Sy, ces deux sources de financement répondent en réalité à des objectifs différents et ne peuvent être considérées comme concurrentes ou substituables.

Les transferts de la diaspora sont principalement destinés au soutien direct des ménages. Ils contribuent notamment au financement du logement, de la santé, de l’éducation, de l’alimentation ainsi qu’à l’accompagnement des familles. Ces ressources jouent ainsi un rôle essentiel dans la consommation, le soutien au pouvoir d’achat et la dynamisation de l’activité économique.

Elles constituent également une importante source de devises pour le pays, sans pour autant représenter directement des recettes budgétaires pour l’État.

De son côté, le FMI intervient à un autre niveau : celui des grands équilibres macroéconomiques. Ses financements visent notamment à soutenir la balance des paiements, renforcer les réserves de change, préserver la stabilité financière et consolider la crédibilité de la trajectoire économique du pays.

Un programme conclu avec le FMI peut également avoir un effet de levier important, en facilitant la mobilisation d’autres financements auprès des partenaires techniques et financiers, des bailleurs internationaux ou encore des marchés.

La distinction entre ces deux mécanismes de financement a notamment été mise en avant dans une analyse publiée par Le Dakarois 221.

Ainsi, opposer les ressources du FMI aux transferts de la diaspora n’apparaît pas pertinent. Les deux instruments répondent à des besoins économiques différents et peuvent, au contraire, se compléter.

La véritable question ne réside donc pas uniquement dans le montant des fonds mobilisés, mais davantage dans leur utilisation, leurs bénéficiaires et les problèmes économiques auxquels ils permettent de répondre.

En définitive, les transferts de la diaspora soutiennent directement les familles et l’économie réelle, tandis que les financements du FMI contribuent à la stabilité et aux équilibres macroéconomiques. Deux leviers différents, mais potentiellement complémentaires pour le développement économique du Sénégal.