Le Sénégal se classe 78e sur 180 pays dans le rapport 2026 sur la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF), soit une baisse de quatre places par rapport à 2025, où il occupait le 74e rang. L’information a été rendue publique jeudi à Dakar.
Selon RSF, ce recul s’explique principalement par les difficultés économiques persistantes des médias ainsi que par l’augmentation des menaces visant les journalistes ces dernières années.
L’organisation souligne que, malgré un environnement historiquement favorable à la presse, ces contraintes fragilisent le droit à l’information. Le pluralisme des médias demeure réel, mais il est souvent dominé par une forte focalisation sur les sujets politiques.
Le rapport met également en évidence la fragilité du modèle économique des médias sénégalais. En dehors du secteur public et de quelques grands groupes privés, la majorité des organes de presse peinent à assurer leur viabilité financière. Par ailleurs, les subventions publiques, jugées insuffisantes et largement orientées vers les médias d’État, ont été suspendues pendant deux ans avant d’être rétablies au début de l’année 2026.
RSF salue toutefois l’adoption de la loi sur l’accès à l’information, qui garantit aux journalistes le droit d’obtenir des données auprès des institutions publiques et de certains acteurs privés chargés d’une mission de service public.
Malgré ce cadre juridique globalement favorable, l’organisation exprime des inquiétudes concernant le maintien, dans le Code de la presse adopté en 2017, de peines de prison pour des délits de presse.
Sur le plan sécuritaire, RSF note une recrudescence des violences et des arrestations de journalistes ces dernières années. Lors de la période électorale de 2024, une vingtaine d’attaques contre des professionnels des médias ont été recensées. Si une amélioration temporaire a été observée, les convocations et interpellations liées à l’exercice du métier ont depuis repris.
Enfin, RSF indique que, pour la première fois depuis la création de ce classement, plus de la moitié des pays évalués se trouvent dans une situation jugée « difficile » ou « très grave ». L’organisation précise également que le score moyen mondial n’a jamais été aussi bas en 25 ans.