Espagne : tensions diplomatiques autour du retour des migrants sénégalais

Les discussions entre le vice-président de Castille-et-León, Carlos Pollán, et l’ambassadeur du Sénégal en Espagne portent sur le retour des mineurs non accompagnés, un enjeu vital lié à l’accord de coalition entre le Parti populaire et Vox.

Rencontre entre les autorités espagnoles et sénégalaises

Selon la presse espagnole, le vice-président du gouvernement régional de Castille-et-León, Carlos Pollán, issu du parti Vox, doit rencontrer ce mercredi l’ambassadeur du Sénégal en Espagne, Ibrahim Al Khalil Seck. Au cœur de cet échange figure la question du retour des mineurs non accompagnés vers leur pays d’origine.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’accord de coalition conclu avec le Parti populaire (PP), qui prévoit d’« œuvrer activement au retour des mineurs non accompagnés dans leurs pays d’origine ».

Pour défendre cette orientation, Carlos Pollán entend également conditionner une partie de l’aide au développement à la coopération des pays concernés en matière de retours migratoires. « Être un pays accueillant ne signifie pas que tout le monde y trouve sa place », a-t-il déclaré, selon les informations rapportées par la presse espagnole.

Le responsable régional suggère ainsi de priver d’aides régionales au développement les États qui refuseraient de coopérer au retour de leurs ressortissants. Cette position illustre le durcissement du discours d’une partie de la classe politique espagnole sur la gestion des flux migratoires et les modalités de coopération avec les pays d’origine.

Situation des migrants sénégalais en Espagne

En parallèle de ces discussions, la situation des migrants sénégalais arrivés par la route atlantique reste préoccupante. Début septembre, 82 ressortissants sénégalais débarqués sur l’île d’El Hierro, dans l’archipel des Canaries, ont été remis en liberté après avoir atteint la durée maximale légale de rétention, fixée à 60 jours.

Les autorités espagnoles n’ayant pas pu exécuter leur expulsion dans ce délai, ces ressortissants ont ensuite introduit des demandes d’asile sur place.

L’examen de ces demandes constitue désormais un élément déterminant de leur situation administrative. Selon les circonstances et le cadre juridique applicable à chaque dossier, ces procédures peuvent faire obstacle à l’exécution immédiate d’un éloignement, dans l’attente de l’examen des demandes par les autorités compétentes.

Entre volonté politique d’accélérer les retours, pressions sur la coopération au développement et procédures d’asile en cours, le dossier migratoire continue ainsi de soulever des enjeux diplomatiques et juridiques entre l’Espagne et le Sénégal.