Au Sénégal, la loi de finances rectificative pour 2026 révise les recettes budgétaires à 5 848,7 milliards de FCFA, contre 6 188,8 milliards initialement prévus. Les dépenses, elles, passent de 7 433,9 à 7 583,9 milliards.
Cette marge de manœuvre réduite s’inscrit dans un contexte de forte pression de la dette sur les finances publiques. À la fin de 2024, la dette du secteur public consolidé atteignait environ 132 % du PIB, soit plus de 23 500 milliards de FCFA. En 2026, le paiement des intérêts devrait absorber 25 francs sur chaque tranche de 100 francs de recettes de l’État, a indiqué le ministre Cheikh Diba.
Le déficit atteindrait 1 735,2 milliards de FCFA, au lieu des 1 245,1 milliards annoncés au départ. La croissance est désormais projetée à 2,7 %, contre 5 % dans les prévisions initiales. Ces chiffres avancés par le PUR sont rapportés par Xalima.
Les crédits destinés aux investissements publics diminueraient de 555 milliards de FCFA, soit près de 20 %. Dans le même temps, les subventions énergétiques passeraient de 250 à 790,3 milliards. Le PUR estime qu’une réforme progressive de ces aides devrait s’accompagner de protections ciblées pour les ménages vulnérables. La réduction de la pression budgétaire liée à la dette, a également fait valoir Cheikh Diba, doit se faire sans interrompre les investissements ni les dépenses sociales.
Le document du parti relève aussi que les recettes attendues des nouvelles mesures fiscales du Plan de redressement économique et social ont été ramenées de 762,9 à 311,5 milliards de FCFA, soit une révision de 59,2 %. Le PUR appelle à renforcer la fiabilité des prévisions et le recouvrement des impôts existants.
Parmi les réformes du PUR sur la dette figure la publication trimestrielle de données consolidées couvrant l’administration centrale et le secteur parapublic. Le parti propose également de piloter le budget davantage à partir du solde primaire, avec un objectif d’excédent d’au moins 2,5 % du PIB à l’horizon 2028.
Ses autres propositions portent sur la contre-expertise systématique des prévisions fiscales, la réforme graduelle des subventions énergétiques et l’amélioration du recouvrement des impôts existants. Le PUR préconise enfin une évaluation indépendante des grands projets publics.