Le Sénégal a pris part au WINGS Forum 2026, organisé à Montréal, au Canada, dans le cadre d’un dialogue de haut niveau réunissant gouvernements, bailleurs de fonds et acteurs de la philanthropie. Cette participation traduit la volonté des autorités sénégalaises de renforcer les mécanismes de financement innovants au service du développement inclusif et durable.
Le Ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire était représenté par M. Babacar Ndao, conseiller technique du Dr Alioune Dione et coordonnateur de la Delivery Unit. Aux côtés de délégations et de représentants de plusieurs institutions internationales, notamment la France, la Banque mondiale, des fondations et des réseaux internationaux de philanthropie, le Sénégal a pris part aux échanges consacrés aux nouvelles formes de coopération entre les pouvoirs publics et les acteurs privés à vocation sociale.
La philanthropie, un levier complémentaire de l’action publique
Au cœur des discussions figurait la nécessité de bâtir des partenariats durables entre les États et les acteurs philanthropiques afin de répondre plus efficacement aux défis économiques et sociaux. Les échanges ont notamment porté sur la mobilisation des ressources domestiques, la contribution de la diaspora au développement et la promotion de l’innovation sociale.
Dans un contexte où les besoins de financement du développement restent considérables, la philanthropie apparaît comme un levier complémentaire aux politiques publiques. Elle peut contribuer au financement de l’assistance technique, à l’expérimentation de solutions novatrices, à la prise de risque dans des projets à fort potentiel et à la généralisation des initiatives ayant démontré leur efficacité.
Cette approche vise à favoriser une meilleure complémentarité entre les financements publics, les ressources privées et les contributions philanthropiques, tout en renforçant l’impact des politiques sociales et économiques.
Le Sénégal valorise ses acquis en matière d’économie sociale et solidaire
La participation sénégalaise au WINGS Forum 2026 a également permis de mettre en perspective les acquis du pays dans les domaines de l’économie sociale et solidaire (ESS), de la microfinance et de l’inclusion financière.
Ces secteurs constituent des instruments importants pour soutenir l’entrepreneuriat, favoriser l’autonomisation économique des populations et améliorer l’accès aux opportunités, notamment pour les groupes les plus vulnérables.
L’enjeu est désormais de consolider ces acquis en développant des mécanismes de financement adaptés aux besoins des initiatives à impact social. La mobilisation de la diaspora, les partenariats avec les fondations et la coopération avec les institutions internationales pourraient ainsi contribuer à élargir les ressources disponibles pour accompagner les projets structurants.
Vers une stratégie nationale de développement de la philanthropie
Au-delà des échanges institutionnels, cette participation ouvre des perspectives pour le développement de la philanthropie au Sénégal. Plusieurs pistes sont mises en avant : la cartographie de l’écosystème philanthropique national, la mise en place d’un cadre permanent de dialogue entre les pouvoirs publics et les acteurs concernés, la constitution d’un portefeuille de projets à impact et l’élaboration d’une Stratégie nationale de développement de la philanthropie.
Ces orientations permettraient de mieux identifier les acteurs, de structurer les initiatives existantes et de favoriser une allocation plus efficace des ressources vers les projets répondant aux priorités nationales.
La mise en place d’un cadre de concertation durable pourrait également faciliter la création de partenariats entre les administrations publiques, les organisations de l’économie sociale et solidaire, les fondations, les entreprises et les organisations de la diaspora.
Pour un développement inclusif, durable et souverain
À travers sa participation au WINGS Forum 2026, le Sénégal réaffirme son ambition de diversifier les sources de financement du développement et de renforcer les synergies entre action publique et initiatives philanthropiques.
Dans cette perspective, la philanthropie ne se substitue pas à la responsabilité de l’État. Elle constitue plutôt un instrument complémentaire susceptible d’accélérer la mise en œuvre de projets innovants, de soutenir l’entrepreneuriat social et de contribuer à la réduction des inégalités.
La mobilisation coordonnée des ressources nationales, de la diaspora et des partenaires internationaux représente ainsi une opportunité stratégique pour promouvoir un modèle de développement fondé sur l’inclusion, la durabilité et la souveraineté économique.
Le rendez-vous de Montréal pourrait ainsi constituer une étape importante dans la structuration d’un écosystème philanthropique sénégalais plus organisé, capable de mobiliser des financements diversifiés au service des priorités nationales et de l’amélioration durable des conditions de vie des populations.
